Après quelques jours un peu embrumés, la tête bien congestionnée, mon cerveau recommence à fonctionner, en tout cas suffisamment pour que j'en termine avec cette nouvelle blog-chronique. 

Thermae Romae volume 1On avait déjà pu plonger dans la vie de clans d'Asie centrale du XIXème siècle avec Bride Stories ou dans le quotidien de deux amis bien connus avec Les vacances de Jésus & Bouddha. On ne peut pas le nier, certain(e)s mangaka aiment se creuser les méninges et sortir des sentiers battus. Cette fois-ci, c'est à la Rome antique qu'une mangaka s'intéresse dans Thermae Romae mais d'un point de vue encore une fois plutôt original.

Lucius Modestus est un architecte romain du 2ème siècle de notre ère, ne parvenant pas vraiment à trouver sa place dans une cité alors uniquement intéressée par des bâtiments modernes. C'est lors d'une sortie dans un bain public qu'il se retrouve soudainement transporté dans un autre monde, celui des bains japonais du 21ème siècle. Ce qu'il y découvre le stupéfait et dès son retour dans son époque, bien que n'ayant rien compris à ce qui lui était arrivé, il utilise ses découvertes pour proposer de nouvelles thermes à ses concitoyens.

Réussir à rapprocher le Japon contemporain avec la Rome antique au travers de leur conception du bain public, voilà l'idée de Mari Yamazaki, mangaka globe-trotteuse, ayant vécu en Italie, au Portugal et désormais à Chicago. Une idée qui fait mouche dans son pays d'origine où Thermae Romae connaît un grand succès. Qu'en sera-t-il en France où la culture du bain n'est absolument pas développée et nous apparaît pratiquement aussi exotique que ce soit dans l'empire romain de l'an 130 que dans le Japon de 2012 ?
L'auteure sait en tout cas rendre son idée intéressante, nous permettant d'apprendre et de découvrir avec pas mal d'efficacité, et de bonnes petites doses d'humour. Lucius, fier de son statut de romain, sûr de vivre dans l'empire le plus puissant et le plus développé, en prend plein les mirettes lors de ses allers et retours dans le pays des visages plats, comme il appelle les Japonais, pensant atterrir au milieu d'un peuple de son époque prochainement intégré par Rome mais largement plus avancé technologiquement, lui faisant craindre l'humiliation pour son pays.

Néanmoins, Thermae Romae a les défauts de ses qualités... L'idée est originale et ne manque pas de piquant mais risque rapidement de tourner en rond. Je me suis vite cru dans un épisode du Petit chef où le héros devait trouver LE truc qui ferait de sa recette la plus grande réussite culinaire du moment, truc qui finissait par lui apparaître d'un coup dans un éclair de génie. Ici, c'est le même schéma qui se répète à chaque chapitre : Lucius est confronté à un problème, une demande de l'Empereur, un souci d'un de ses concitoyens, il est projeté lors d'une petite baignade dans le Japon actuel, voyage qui tombe toujours fort à propos et lui apporte sur un plateau la réponse adéquate qu'il n'aurait jamais pu trouver autrement, et hop, le tour est joué.

En outre, si la forme est intéressante et recherchée, le fond reste lui relativement classique et simple et le tout ne va pas très loin. Les personnages sont assez peu développés, simples prétextes à trouver les problèmes à résoudre pour que Lucius fasse son petit voyage temporel. Le dessin est plutôt maîtrisé mais sied surtout très bien aux statues antiques, dans le sens où le trait reste assez figé.

L'ensemble se lit en tout cas agréablement, avec son petit lot de surprises et ses traits d'humour, mais risque assez rapidement de s'essouffler, une fois l'originalité du concept de départ intégrée. Fort heureusement, on nous annonce a priori une série courte, 6 volumes, 4 étant pour le moment parus au Japon. 
Après la sortie simultanée des deux premiers volumes en France chez Sakka, le tome 3 devrait quant à lui être disponible en juin 2012. Je suis curieuse de savoir ce que la mangaka a trouvé comme nouvelles idées pour les volumes suivants...