Pour la première blog-chronique de l'année, on va se la jouer tendance.
Décidément, Kurokawa a le chic pour proposer des mangas dont les couvertures n'aident pas vraiment à se faire une idée claire du contenu.

Secret Service ~Maison de Ayakashi~ volume 1En découvrant celle du premier tome de Secret Service ~Maison de Ayakashi~ de Cocoa Fujiwara, réaction immédiate et épidermique : oh non, encore un manga avec un majordome poseur ténébreux beau gosse qui se la pète comme un taré parce qu'il sait tout faire et sa maîtresse qui semble à peine sortie de la primaire, en porte-jarretelles, totalement décérébrée et se pâmant devant le bellâtre sans développer la moindre once de personnalité. Youpi.

Mais bon, autant la couverture peut donner une première impression, autant il ne faut jamais en rester là, je commence donc la lecture.
Ouf, l'héroïne, lycéenne, semble avoir un cerveau en état de marche. Et un sacré caractère. Pas follement original mais pas inintéressant pour autant : héritière privilégiée d'une grande famille, Ririchiyo Shirakiin a toujours été couvée par des adultes hypocrites et jalousée par des camarades qui lui mènent la vie dure. À force, elle a développé une certaine tendance à être cinglante avec quiconque se rapprochant d'elle : c'est bien souvent uniquement par intérêt, autant ne pas prendre de gants avec ces profiteurs n'en voulant qu'à son nom. Mais elle n'a pas un mauvais fond, et s'en veut donc toujours terriblement après un mot trop blessant, allant jusqu'à écrire de longues longues lettres d'excuse après coup. Pas follement original donc, mais plutôt marrant tant elle se laisse dépasser régulièrement par sa manie pour dix secondes après se taper la tête par terre de dépit. Elle a quitté le domicile familial pour peut-être enfin réussir à changer, apprendre à vivre avec les autres et se prouver qu'elle peut se débrouiller seule. Forcément, quand débarque son Secret Service faisant tout pour elle, ça ne cadre pas trop avec son désir d'indépendance...

Et le majordome, Sôshi Miketsukami ? Un sacré numéro également... Dès leur première rencontre, elle le congédie, bien évidemment, il sort alors un sabre pour se supprimer : si elle ne veut pas de lui, il n'a plus aucune raison de vivre. Rien que ça. Dès qu'il la voit, il la couvre de compliments tous plus excessifs les uns que les autres, avec un air profondément sincère. Il est plus collant qu'une super-glue, plus dévoué que Lassie, plus têtu qu'un troupeau de mules, plus manipulateur que sa tête de demeuré ne le laisse penser. Il faut alors se rendre à l'évidence : on est à fond dans le second degré ici.
Les autres résidents de la "Maison de Ayakashi", réservée à l'élite - une élite un peu spéciale d'ailleurs, la résidence n'a pas la réputation d'une maison de monstres pour rien - ne sont pas moins excessifs, que ce soit les héritiers - le voisin Sorinozuka est plutôt poilant - ou leur Secret Service attitré. Pas facile de s'y retrouver d'ailleurs, même si on nous les introduit petit à petit au fil des chapitres, on se mélange un peu vite les noms, assez compliqués à mémoriser, et les rapports entre chaque mettent un peu de temps à être clairement définis.

Bref, voilà un premier volume difficile à cerner, encore une fois : rien de follement original, on pense à Black Butler notamment, mais des personnages totalement excessifs et ce de manière totalement assumée, une héroïne plutôt sympa et attachante, une histoire qui ne fait que démarrer et dont on ne sait pas vers quoi elle va tourner, et une bonne petite dose d'humour et d'auto-dérision qui sera, j'espère, développée par la suite. Une lecture plutôt divertissante finalement, je suis curieuse de voir vers quoi vont se tourner les chapitres suivants une fois la phase de présentation des personnages totalement achevée.
Secret Service ~Maison de Ayakashi~ compte 6 volumes pour le moment au Japon chez l'éditeur Square-Enix. Le deuxième tome est annoncé chez Kurokawa pour le 12 avril 2012.