Sanctum volume 1Mois de janvier chargé en nouveautés pour Glénat cette année puisque trois nouvelles licences font leur entrée. Parmi elles, Sanctum, une série en 5 tomes dont les auteurs nous sont déjà connus. D'un côté, le scénariste, Masao Yajima, qui avait déjà signé l'histoire de Journaliste chez Akata/Delcourt, de l'autre le dessinateur d'origine coréenne Boichi, découvert chez Doki-Doki avec Sun-Ken Rock et Space Chef Caisar, que Glénat a déjà ajouté à son catalogue avec son recueil Hotel. Bon, les présentations sont faites, et avec un tel pedigree, on sait déjà qu'on ne va faire ni dans la subtilité ni dans la délicatesse.

Luna est en voyage avec toute sa famille aux États-Unis quand ses parents et son frère meurent dans un accident de voiture. Pourtant, sept ans après, elle continue sa petite vie américaine entourée des siens, sans oublier son meilleur ami Issa, autre expatrié japonais. Bref, tout va bien, les oiseaux chantent, le ciel est bleu... Mais l'irruption d'un homme, témoin de la tragédie qu'a vécu la jeune fille voilà des années, va commencer à tout faire ressortir : un pacte a été scellé avec des forces démoniaques et il est sur le point d'être révélé...

Pas de délicatesse donc ici : les garçons musclés sont méga-musclés un peu comme chez Shin'ichi Sakamoto, y compris quand ils s'agit d'un futur prêtre (pas crédible deux minutes), quelque peu poseur, n'hésitant pas à dézinguer du voyou tout en expliquant que c'est par amour - il a dû louper le chapitre sur "tendre l'autre joue" -, les jolies filles sont très bien dotées par Mère Nature et elles n'hésitent pas à faire profiter le lecteur à l'aide de mini-jupes... quand elles portent quelque chose, les personnages sourient en montrant toute leur dentition, les gens accidentés ne sont pas blessés mais pulvérisés, les fous sont complètement givrés et déchaînés avec des visages tordus par la terreur... et histoire qu'on comprenne bien que c'est de christianisme qu'il est question ici - côté exorcisme, démons, enfers, cérémonies rituelles (si possible avec une femme nue, vierge et enchaînée, autant y aller franco) et Apocalypse -,  on nous balance des croix apparaissant un peu partout dans le paysage, de manière hautement subtile. Forcément, les Évangiles, c'est sans doute beaucoup plus exotique pour un Japonais que pour un Français.

Bref, pas de demi-mesure, tout est totalement extrême, totalement premier degré, totalement brut de décoffrage. Et au milieu, une nana un peu niaise qui ne sait pas ce qu'elle fait là, petit ange ingénu qui croit à la Paix dans le monde et à la bonté naturelle de l'humain, alors qu'elle est à deux doigts de voir tout son univers exploser, littéralement parlant, dans des gerbes de sang.
Tout en retenue et en délicatesse donc, en utilisant une bonne dose très basique d'ésotérisme, de complots démoniaques, de manipulations par des gens "qui savent tout", du genre à se balader en toges sombres tout en organisant des sacrifices de vierges dénudées - nettement plus vendeuses sans doute qu'une bonne sœur de 80 ans en cornette... Les ingrédients classiques du genre, pas très fin, parfois à la limite du "too much" et du ridicule, mais qui donne un premier tome qui se laisse (étonnamment) lire, rythmé, sans temps mort, à réserver sans doute tout de même aux fans de Boichi.
Série donc en 5 tomes, le volume 2 étant prévu chez Glénat pour le 21 mars 2012.