Pas mal de nouvelles séries démarrent à l'occasion de cette rentrée, de quoi faire quelques blog-chroniques.
Akuma to Love Song de Miyoshi Tomori est le nouveau shôjo manga que Kana nous propose de découvrir. A priori, rien d'original...

Akuma to Love Song volume 1Maria Kawai était jusque là élève de l'école Sainte-Catholia, prestigieux établissement réservé à l'élite. Mais suite à son renvoi pour acte de violence, la jeune fille s'inscrit au lycée Totsuka, bien moins coté. Particulièrement belle, grande, stylée, elle se fait vite remarquer par ses nouveaux camarades. Mais sa trop grande franchise doublée d'une très forte intuition en font rapidement la victime idéale du harcèlement des jaloux et autres envieux qui ne veulent voir en elle qu'un démon aux intentions forcément sombres.

A priori donc, rien d'original. Nous voilà face à un shôjo dramatique classique, avec ses beaux gosses, le simplet joyeux d'un côté, le bougon discrètement protecteur de l'autre, les camarades de classe prêtes à toutes les crasses possibles et imaginables, la "bonne" copine toute timide et effacée difficile à cerner, les triangles amoureux qui commencent à se mettre en place et nul doute qu'on aura sans doute droit également à quelques secrets du passé peu glorieux d'ici quelques volumes... En fait, du très classique, jusqu'à ce qu'on s'intéresse un peu plus à l'héroïne.
Dotée d'une sorte de sixième sens lui permettant de savoir d'office les intentions de ceux qui l'entourent, elle ne peut pas s'empêcher de les dévoiler à haute voix, sans s'inquiéter réellement des conséquences que cela peut avoir, surtout dans une société où la pseudo-harmonie du groupe est plus importante que toute envie individuelle. Elle expose alors au grand jour la noirceur des autres, ceux-ci n'appréciant évidemment pas de voir leur véritable reflet révéler par ce miroir grossissant qu'est Maria, vue comme le diable qui salit tout alors qu'elle ne fait que montrer la saleté cachée.
Comme en plus, elle n'a aucun tact, aucune délicatesse, ne voyant pas l'intérêt de tromper sur son caractère ou sa manière de voir les choses, souhaitant se faire accepter telle qu'elle est, elle devient rapidement le choix parfait de tous ceux ayant besoin d'écraser quelqu'un d'autre pour se sentir exister, qu'ils soient lycéens ou professeurs minables incapables d'avoir la moindre personnalité propre.

Mais ce bouc-émissaire-là n'a jamais la langue dans sa poche et rien ne semble vraiment avoir d'impact sur son regard mi-condescendant mi-ennuyé, qu'elle tente néanmoins de faire évoluer vers une moue plus "mignonne", en fait plus flippante. Ajoutons là-dessus des goûts vestimentaires totalement ringards et kitsch, un côté extrêmement sérieux dans tout ce qu'elle entreprend, une bonne dose de maladresse dans des rapports humains qu'elle transforme constamment en combat sans s'en rendre compte et le personnage de Maria apparaît comme le gros intérêt de l'histoire, drôle, entière, jubilatoire dans son dégommage des potiches et hypocrites qui l'entourent. Même si ce n'est finalement qu'une gamine un peu rude et paumée, mal dans sa peau et incapable de suivre des règles de société qu'elle juge débiles, mais rêvant pourtant de se faire accepter et aimer...

Bon, en dehors de ce personnage principal assez particulier et original, l'histoire en elle-même reste assez basique et les crasses multiples, les attaques permanentes jouant sur la petitesse et la mesquinerie de l'humain classique risquent de rapidement tourner en rond, en n'offrant rien de bien nouveau. La mangaka parviendra-t-elle par la suite à insuffler un peu plus de subtilité à ses personnages secondaires, apparaissant jusque là uniquement comme des gros faibles médiocres sans un gramme de réelle personnalité, à deux doigts de la caricature ?
Ce début de série est néanmoins plutôt sympathique et intrigant principalement grâce à son héroïne, reste à voir comment la suite va parvenir à évoluer. Il y a 13 volumes en tout, les deux premiers tomes étant sortis simultanément en France chez Kana. Le troisième est prévu pour le 4 novembre 2011.