Ça fait bien longtemps que je ne suis plus vraiment fan - pas sûre que je l'ai vraiment été un jour mais sait-on jamais... - des shôjo avec en couverture une héroïne aux yeux lui bouffant la moitié du visage avec mille pétales de fleurs qui tourbillonnent autour, n'appartenant clairement plus depuis près de vingt ans à la cible de ce genre de séries.
Or, c'est exactement ce genre de séries que fait Arina Tanemura dont Glénat nous propose aujourd'hui de découvrir le dernier titre, Princesse Sakura, après avoir déjà sorti Full Moon tandis que Kana vient d'en terminer avec The Gentlemen's Alliance Cross. Jetons quand même un œil...

Princesse Sakura volume 1Princesse Sakura, c'est un peu la Sailor Moon de l'époque Heian (794 à 1195 après J.-C.). 14 ans, promise dès sa naissance au fiston de l'Empereur qu'elle doit d'ailleurs aller rejoindre à la capitale pour officialiser tout ça, la future mariée ne semble pas vraiment pressée de rencontrer son prince charmant, ses sentiments pour lui étant disons quelque peu contradictoires, comme elle le balance d'ailleurs d'office à la tête du messager venu la chercher.
Ce qu'elle ne sait évidemment pas encore mais qu'on découvre vite, c'est qu'elle est liée au peuple de la Lune ce qui lui donne le pouvoir d'appeler une mystérieuse épée - et les fringues super tendance qui vont avec - seule arme capable de détruire les démons qui menacent quotidiennement les environs.

Bien évidemment, ce n'est pas la série qui va révolutionner le genre. Ce premier volume est tout à fait classique, avec son héroïne qui râle et n'en fait qu'à sa tête, son beau gosse torturé pas très clair dans ses sentiments, ses phrases ultra-romanesques un peu nunuches, ses nobles sentiments de sacrifice pour le bien de tous, même de ceux qui veulent la flinguer. Mais on sent que la mangaka a du métier et sait y faire, mettant pas mal d'ardeur et d'efficacité dans sa création. La lecture est rythmée, sans temps mort, avec de bonnes petites touches d'humour notamment avec la maîtrise plus qu'hasardeuse de la super épée pas très arrangeante avec sa nouvelle maîtresse ou l'apparition d'un personnage secondaire méga balèse mais également méga godiche qui foire un peu tout ce qu'il entreprend.
L'héroïne est plutôt sympathique et attachante, ne perdant pas de temps à pleurnicher avant d'agir, un peu nunuche mais pas trop, permettant de faire évoluer les situations assez vite.

Rien de révolutionnaire donc mais on se laisse facilement prendre dans l'histoire, simple mais maîtrisée, avec son lot de rebondissements et d'aventures qui en font un divertissement tout à fait honnête, sans aucune autre prétention que celle de faire passer un bon moment à ses jeunes lectrices.
Huit volumes sont pour le moment parus au Japon et la mangaka n'a pas pour habitude de faire trop durer ses séries, on peut donc espérer que ce sera le cas ici aussi. Le tome 2 est prévu en France pour le 2 novembre.