Ayant dévoré en 2010 sa première série déjà chez Kurokawa, Sumomomo, Momomo, je ne pouvais évidemment pas passer à côté de Magi - The labyrinth of magic, deuxième titre de Shinobu Ohtaka dont les deux premiers volumes viennent de sortir simultanément.

On y rencontre un jeune garçon en plein désert du Moyen Orient, Aladin, portant une flûte autour du cou. Une flûte a priori sans intérêt si ce n'est qu'elle contient Hugo, un djinn, un être énorme aux mystérieux pouvoirs bien utiles pour sortir Aladin de tous les coups un peu foireux auxquels il se retrouve toujours mêlé à un moment ou à un autre. Comme quand il rencontre Ali Baba, un transporteur qui rêve de gloire et de fortune, lui qui n'est qu'un petit gars du peuple que les puissants se plaisent à humilier et mépriser. C'est pour ça qu'il compte visiter un des nombreux labyrinthes apparus durant ces quatorze dernières années, de mystérieuses constructions qu'on dit remplies de mille trésors et d'objets magiques mais dont personne ne semble capable de ressortir vivant...

Comme pour sa précédente série, Ohtaka propose des éléments simples : un héros a priori un peu benêt doté de mystérieux pouvoirs dans un monde où la force et la puissance règnent en maître pour décider qui est le dominant qui écrase et qui est le dominé qui doit se laisser écraser. Bien évidemment, le héros n'est pas si débile que ça, sa naïveté apparente n'étant surtout que le reflet de sa simplicité loin de toute envie de duperie ou de mesquinerie. Et on devine rapidement qu'au delà de son intérêt pour la bonne bouffe et les jolies demoiselles sommeillent d'immenses capacités qui ne demandent qu'à être dévoilées pour la bonne cause quand le besoin s'en fait sentir.
Ainsi, Ohtaka ne court pas après une quelconque complexité prétentieuse : son histoire est simple, utilise les cadres classiques du genre, avec de braves gars sympas, des méchants vraiment pas cools, lâches et détestables, des supers bastons qui en jettent grâce à une narration dynamique qui n'arrache pas les yeux pour autant. Il est beaucoup question d'amitié - on est dans un shônen... - et les phrases un peu niaiseuses à la "Mais c'est parce qu'on est amis !" pullulent mais sans casser le rythme de lecture ou ternir l'envie d'en savoir plus.
Moins d'humour que dans Sumomomo, moins de pétages de plombs jouissifs - peut-être parce qu'on est passé du magazine Shônen Gangan de Square-Enix au Shônen Sunday de Shogakukan avec un rythme de prépublication hebdomadaire au lieu de mensuel ? - mais on ne s'ennuie pas pour autant, la mangaka parvenant à surprendre même quand elle utilise quelques clichés qu'elle ne fait jamais durer bien longtemps. Difficile ainsi de savoir où elle veut vraiment en venir même au bout de deux tomes déjà bien remplis, mettant sans doute en place des personnages qu'on retrouvera par la suite sans qu'on sache réellement quels chemins elle compte leur faire prendre.

Une bonne dose d'aventures exotiques dans le monde des 1001 nuits, des personnages attachants qui dévoilent un peu de leur mystère petit à petit, des bastons énergiques qui ne durent pas dix plombes, des petites touches d'humour qui évitent que les personnages se la pètent un peu trop... Magi a tout de la bonne petite série sympa, divertissante, rafraîchissante, ne se prenant pas trop au sérieux, évitant ainsi de se la jouer méga-poseur comme bon nombre de séries du même genre. Un titre idéal pour l'été, en somme.
Reste à voir si elle va parvenir à garder sa fraîcheur et ne pas tomber dans les travers de ses consœurs au fil des volumes en voulant tenir trop longtemps, en diluant ses intrigues tant que le public suit... Comme d'habitude avec ce genre de productions, c'est au bout de plusieurs volumes qu'on pourra savoir réellement à quoi s'en tenir, les premiers tomes ne servant qu'à une mise en place un peu balbutiante le temps de trouver le rythme de croisière.
Bientôt 9 volumes au Japon chez l'éditeur Shogakukan, tandis que le troisième volume devrait sortir en France le 8 septembre toujours chez Kurokawa.