Histoire d'officialiser la fin des vacances, voilà une nouvelle blog-chronique consacrée à une habituée des étagères mangas, Yuu Watase, avec sa dernière série.

Yuu Watase est sans doute l'une des mangaka dont les titres ont connu le plus d'éditeurs francophones : d'abord chez Tonkam, puis Glénat sans oublier Kana et désormais Kurokawa avec sa nouvelle série toujours en cours au Japon, Arata.
Plutôt abonnée jusqu'à présent au registre shôjo avec ses gentilles héroïnes un peu cruchouilles mais toujours bien braves, elle n'hésite pas désormais à tenter sa chance du côté des mag de prépub pour garçons comme le Shônen Sunday. Au final, pas de réelle différence avec son style 100% filles puisqu'au lieu d'avoir une héroïne, c'est simplement un garçon qui endosse le premier rôle dans ces deux premiers volumes d'Arata. Ou plutôt deux garçons, deux Arata : l'un vit dans un autre monde, héritier d'une famille de princesses dont la dernière va bientôt avoir droit à la retraite à 60 ans (la veinarde !). Mais étant un garçon, il n'est pas censé pouvoir lui succéder, se retrouvant alors embarqué dans une sale histoire quand les douze fourreaux, les protecteurs armés d'épées divines, se révoltent et assassinent la princesse en accusant le jeune homme au passage, l'obligeant à fuir dans une forêt maudite... L'autre Arata est un lycéen japonais de 15 ans, doté de jambes un peu trop rapides au goût de certains de ses charmants camarades de classe l'ayant pris en grippe et lui faisant subir bien des tourments, l'obligeant à la solitude la plus complète, sans ami, sans personne à qui faire confiance... Un charme opère alors que ces deux jeunes gens sont au désespoir et intervertit leur place, chacun se retrouvant dans la galère de l'autre... L'herbe n'est pas vraiment plus verte dans le jardin du voisin interdimensionnel...

Pour ma part, une de mes premières découvertes manga voilà plus de dix ans s'appelait Fushigi Yugi. Se sont ensuite enchaîné sur mes étagères Ayashi no Ceres, Imadoki, Lui ou rien !Alice 19th, La légende de Gembu... avec plus ou moins de bonheur. Et le constat est assez clair : quand on en a lu un, on les a à peu près tous lus. L'originalité ne fait en effet pas réellement partie de la panoplie de Watase, utilisant constamment les mêmes techniques, les mêmes renversements de situation, les mêmes types de personnages, les mêmes clichés. Difficile donc d'être vraiment surpris à la lecture de ces deux premiers volumes d'Arata, reprenant les schémas habituels avec le héros courageux au cœur pur, les situations classiquement énervantes, les quiproquos attendus, le petit trait d'humour classique, la bonne morale qui prend toujours le dessus.
Rien de foncièrement original donc mais Watase a du métier et sait donner du punch à ses scénarii même quand la surprise ne risque pas de pimenter la sauce. Ses personnages sont toujours bien sympa, on les connaît déjà par cœur, on sait pertinemment comment ils réagiront face à la méchante adversité vraiment pas cool. La narration est bien rythmée, sans temps mort et un volume s'avale très vite, comme une petite sucrerie dont il vaut mieux tout de même ne pas trop abuser si on ne veut pas faire sauter ses plombages.

Bref, rien de révolutionnaire mais Arata apparaît pour ses débuts comme une petite série d'aventures plutôt divertissante et efficace, pour tout public. Mine de rien, réussir à me faire lire sans ennui les deux premiers volumes d'une histoire sentant à ce point l'habitude, c'est tout un art, tant j'abandonne facilement une série qui ne parvient pas à m'accrocher un minimum au bout de vingt pages.
Sept volumes sont pour le moment disponibles au Japon et après la sortie simultanée des deux premiers tomes en France, le troisième est attendu pour novembre 2010.

PS : j'ai appris par la newsletter Glénat il y a quelques jours la disparition le 24 août dernier à l'âge de 47 ans de Satoshi Kon, réalisateur notamment de Tokyo Godfathers et Paprika. Le choc... Saloperie de crabe !