Après quelques semaines assez calmes niveau nouveautés, je me relance dans les blog-chroniques...

Voilà quelques années qu'on n'avait pas eu un nouveau manga de Taiyou Matsumoto à découvrir en version française. Après Number Five déjà sorti dans la collection Made In, Kana récidive en nous proposant Le Samouraï Bambou, sa dernière série toujours en cours au Japon dans le magazine Big Comic Spirits, le 7ème volume devant sortir d'ici quelques jours. Pour le coup, il n'est pas seul dans l'aventure puisqu'il travaille avec Issei Eifuku pour le scénario.
Ouvrir un manga de Taiyou Matsumoto, c'est un peu comme prendre sa valise et partir vers une destination inconnue. Le paysage, la mentalité, la culture, les traditions, la langue... tout alors est différent de ce qu'on connaît déjà tout en gardant un côté un peu familier qu'on n'identifie pas trop. On peut alors refuser en bloc autant de changements et passer complètement à côté en disant "Beurk ! C'est pourri, je rentre chez moi !" ou alors vouloir profiter de tout ce dépaysement pour découvrir autre chose. Ici encore, le dessin de Matsumoto est un affront pour tous les amateurs de traits bien droits, de proportions anatomiques parfaites et de cases bien tracées.
Même en ayant déjà lu ses oeuvres passées, cela reste un choc à l'ouverture du volume. Sans compter une narration très elliptique, passant d'une réalité à un songe sans crier gare. Nous voici ainsi dans le Tokyo féodal, alors nommé Edo, où un rônin vient s'installer dans un quartier crasseux, semant alors la confusion et le doute chez ses nouveaux voisins, trouvant d'office bizarre et louche ce rêveur passant des heures à regarder les oiseaux ou les papillons. Le jeune Kankichi, même s'il partage les craintes du voisinage, va pourtant se rapprocher du samouraï errant, ce dernier ayant préféré se séparer de son sabre qu'il manie avec efficacité pour porter plutôt un sabre de bambou, moins mortel.

Honnêtement, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris à ce volume. La narration est parfois vraiment très très libre et j'ai l'impression d'avoir loupé des enchaînements ou des sous-entendus. Le personnage du rônin Sôichirô est très intrigant, mi-effrayant mi-apaisant, me faisant penser à un Kitsune doué pour les métamorphoses et les tours tout en cherchant à comprendre le monde humain qui l'entoure, avec ses règles bizarres, son relationnel tordu et hypocrite et ses complots foireux. Je me suis quelque peu perdue entre les personnages, parfois très ressemblants les uns les autres, sans compter le côté très fantaisiste assumé du trait de Matsumoto. On sent qu'il se dessine quelque chose derrière, un fil rouge, une trame, mais je ne vois pas du tout vers quoi les deux auteurs vont diriger leurs personnages dans les volumes suivants. Matsumoto reste en tout cas un maître pour ce qui concerne la mise en ambiance de ses mangas, mi-onirique mi-pragmatique, un mélange toujours aussi déroutant qui rend chaque lecture de page surprenante parce qu'on ne sait jamais ce qu'on va y trouver.
Résultat des courses, je n'ai pas tout compris mais je suis intriguée... Reste que pour 15€ le volume, ce n'est pas forcément facile de se laisser aller à la curiosité que Matsumoto nous invite toujours à développer.
Il faudra attendre le 4 décembre pour lire le second tome et peut-être, cerner un peu plus l'histoire... ou pas.