- Le Samouraï Bambou - entre contemplation et découpage en tranches...
Par Morgan le mardi 20 octobre 2009, 08:34 - Manga - Lien permanent
Après quelques semaines assez calmes niveau nouveautés, je me relance dans les blog-chroniques...
Voilà quelques années qu'on n'avait pas eu un nouveau manga de Taiyou Matsumoto à découvrir en version française. Après Number Five déjà sorti dans la collection Made In, Kana récidive en nous proposant Le Samouraï Bambou, sa dernière série toujours en cours au Japon dans le magazine Big Comic Spirits, le 7ème volume devant sortir d'ici quelques jours. Pour le coup, il n'est pas seul dans l'aventure puisqu'il travaille avec Issei Eifuku pour le scénario.
Ouvrir un manga de Taiyou Matsumoto, c'est un peu comme prendre sa valise et partir vers une destination inconnue. Le paysage, la mentalité, la culture, les traditions, la langue... tout alors est différent de ce qu'on connaît déjà tout en gardant un côté un peu familier qu'on n'identifie pas trop. On peut alors refuser en bloc autant de changements et passer complètement à côté en disant "Beurk ! C'est pourri, je rentre chez moi !" ou alors vouloir profiter de tout ce dépaysement pour découvrir autre chose. Ici encore, le dessin de Matsumoto est un affront pour tous les amateurs de traits bien droits, de proportions anatomiques parfaites et de cases bien tracées.
Même en ayant déjà lu ses oeuvres passées, cela reste un choc à l'ouverture du volume. Sans compter une narration très elliptique, passant d'une réalité à un songe sans crier gare. Nous voici ainsi dans le Tokyo féodal, alors nommé Edo, où un rônin vient s'installer dans un quartier crasseux, semant alors la confusion et le doute chez ses nouveaux voisins, trouvant d'office bizarre et louche ce rêveur passant des heures à regarder les oiseaux ou les papillons. Le jeune Kankichi, même s'il partage les craintes du voisinage, va pourtant se rapprocher du samouraï errant, ce dernier ayant préféré se séparer de son sabre qu'il manie avec efficacité pour porter plutôt un sabre de bambou, moins mortel.
Honnêtement, je ne suis pas sûre d'avoir tout compris à ce volume. La narration est parfois vraiment très très libre et j'ai l'impression d'avoir loupé des enchaînements ou des sous-entendus. Le personnage du rônin Sôichirô est très intrigant, mi-effrayant mi-apaisant, me faisant penser à un Kitsune doué pour les métamorphoses et les tours tout en cherchant à comprendre le monde humain qui l'entoure, avec ses règles bizarres, son relationnel tordu et hypocrite et ses complots foireux. Je me suis quelque peu perdue entre les personnages, parfois très ressemblants les uns les autres, sans compter le côté très fantaisiste assumé du trait de Matsumoto. On sent qu'il se dessine quelque chose derrière, un fil rouge, une trame, mais je ne vois pas du tout vers quoi les deux auteurs vont diriger leurs personnages dans les volumes suivants. Matsumoto reste en tout cas un maître pour ce qui concerne la mise en ambiance de ses mangas, mi-onirique mi-pragmatique, un mélange toujours aussi déroutant qui rend chaque lecture de page surprenante parce qu'on ne sait jamais ce qu'on va y trouver.
Résultat des courses, je n'ai pas tout compris mais je suis intriguée... Reste que pour 15€ le volume, ce n'est pas forcément facile de se laisser aller à la curiosité que Matsumoto nous invite toujours à développer.
Il faudra attendre le 4 décembre pour lire le second tome et peut-être, cerner un peu plus l'histoire... ou pas.

Commentaires
Un peu pareil pour moi !
J'ai du mal à cerner ce que veulent nous dire les deux auteurs. On retrouve le même mélange entre réalité et songe que dans Number 5, sauf que ça se passe dans le passé au lieu d'un futur lointain.
Je reste donc un peu circonspect et je demande à lire la suite avant de me prononcer. En tout cas, voilà un manga très intrigant et loin des codes du genre. A lire si on est curieux de découvrir autre chose mais en sachant qu'on peut ne pas du tout accrocher à la démarche des deux auteurs. Comme quoi, le scénariste a su se mettre au niveau du dessinateur
Yahoo! Enfin un écho sur ce manga!!! J'attendais avec impatience ce nouveau Matsumoto mais quand j'ai vu le synopsis et le fait que l'on est dans un Japon féodal donc une histoire de samourai, j'étais moins enthousiaste.
J'avoue avoir une préférence pour le trait passé de Matsumoto, avec son influence provenant de la BD occidentale. Mais bon, on est dans un Japon féodal et là, le trait est plus "japonais" même si Matsumoto garde sa patte.
Quelque part, ça me rassure que tu ais été intriguée Morgane :). Je craignais qu'avec un scénariste, seul le dessin du manga soit original et que l'histoire soit plus "basique" (le synopsis me le laissait penser en tout cas).
Néanmoins, avec tout ça, je ne sais toujours pas si j'achèterai ou non ce Matsumoto.
Bon, je n'ai pas encore tout lu mais j'en ai fait deux bons tiers... Et je n'ai pas grand chose à dire dessus car je suis tout comme toi Morgan: ça m'a tout simplement intriguée et je ne sais pas vraiment quoi en penser de ce premier volume. Bref, pour le moment, je ne peux pas dire que j'ai beaucoup aimé (pourtant, même Number 5, j'ai pu dire que j'ai aimé de suite) ni que je n'ai pas apprécié. C'est tout simplement "space". J'avais peur qu'en se mettant avec un scénariste, Matsumoto ne nous ponde que des dessins avec un scénario de samourai assez classique mais apparemment, ce n'est pas le cas... Eifuku semble aussi "délire" que Matsumoto.