Japan Expo était évidemment l'occasion pour les éditeurs de faire découvrir quelques nouveautés. Après la venue de la mangaka durant l'édition 2008, Asuka a ainsi cette fois-ci profité des festivités pour proposer son dernier bébé...

C'est en 2005 qu'Asuka nous avait fait découvrir Setona Mizushiro avec X-day. Quatre ans et quelques succès plus tard, la mangaka nous revient avec un de ses derniers titres, Black Rose Alice, qui commence tout juste au Japon avec seulement deux volumes pour le moment. Pour l'occasion, elle s'essaie à la mise en scène vampiresque.
Oula, des vampires ? On imagine déjà bien volontiers l'éphèbe à la peau pâle, langoureusement assis les crocs luisant au clair de lune, remettant une mèche rebelle d'un petit coup de tête et émettant un léger rire sardonique faisant craquer toutes les cruches ravies de se faire saigner à 10 km à la ronde... En fait, pas vraiment de ça ici, même si niveau éphèbe, forcément...
Ce premier volume nous fait ainsi faire la connaissance de Dimitri à Vienne en 1908, chanteur d'opéra à la voix unique, amoureux transi de la fiancée de son frère d'adoption, jeune aristocrate profitant bien de la vie avant son futur mariage arrangé. Mais la rencontre de Dimitri avec les sabots d'un cheval le laisse pour mort avant qu'il ne revienne à la vie, avec un petit cadeau inattendu, une marque au creux du cou tandis que des cadavres commencent à s'amonceler autour de lui, sans qu'il ne comprenne d'abord le rapport entre eux et sa miraculeuse résurrection...

Quand je regarde le style de Mizushiro, je m'étonne qu'elle ne se soit pas lancé plus tôt dans le vampire - Twilight Effect ? -, tant son trait élégant et assez froid sied à merveille à ces créatures pas franchement rigolotes, tournant plutôt dans le tragique et le dramatique sanguinolent. Car la mangaka créé sa propre mythologie vampiresque, avec des techniques de "repas" quelque peu différentes des habituels "miam quel joli cou vous avez là, mademoiselle", des techniques tout de même un peu plus salissantes que les classiques mais tellement plus discrètes que les deux petites marques du côté de la carotide...
Ce premier volume s'avère en tout cas très accrocheur, le jeune Dimitri se retrouvant pris dans un tourbillon morbide que rien ne semble pouvoir arrêter, pauvre hère que la mort n'a pas voulu emmener, devant alors se nourrir du malheur des autres avec résignation, être perdu entre la fatalité de son état et l'amour impossible qu'il a connu. La mise en scène de Mizushiro est prenante, rythmée, sachant installer ses personnages par petite touche, sans pathos lourdingue ni effet exagéré, faisant monter la pression tandis que l'on sait déjà que la mort va frapper mais sans savoir ni qui ni quand ni même comment. La fin du volume, qui se déroule en 2008 en plein drame amoureux - l'amour léger et fun n'est pas vraiment la tasse de thé de Mizushiro - nous laisse face à une situation en devenir très intrigante sur ses futurs développements.
Bref, les amateurs du style Mizushiro ne seront pas dépaysés, les autres n'y trouveront sans doute rien de plus par rapport à ses autres oeuvres. Il me tarde pour ma part de lire la suite, le volume 2 est prévu pour le 24 septembre, même s'il faudra ensuite être patient vu les sorties japonaises tous les six mois...

A noter que, comme expliqué dans un commentaire du post précédent, que je vous invite à lire si ce n'est déjà fait, ainsi qu'à répondre au sondage ci-contre, j'ai modifié la mangathèque de Mangaverse de manière à y intégrer les chroniques-blog comme celle ci-dessus, histoire qu'elles ne disparaissent pas dans l'oubli dès le post suivant publié. Ainsi, un petit tour dans la mangathèque de Mangaverse vous permettra de retrouver toutes les chroniques-blog jusqu'à présent écrites. Enjoy !