Les humeurs de Mangaverse

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jeudi 28 juin 2012

- Prophecy - Mais c'est depuis cette cellule puant la sueur que je vais changer le monde !

C'est en 2004 que Ki-oon lance un jeune auteur, pas encore officiellement publié au Japon. Il s'appelle Tetsuya Tsutsui et son one-shot Duds Hunt est une des premières sorties du tout jeune éditeur français. Quelques mois plus tard, il est repéré au Japon par Square-Enix et se voit édité dans son pays d'origine. Rien d'étonnant donc à ce qu'aujourd'hui, Tsutsui travaille directement avec Ki-oon sur sa dernière série en cours, Prophecy, ce qui ne l'empêche pas d'être prépubliée au Japon chez Shueisha dans le magazine Jump X.
Sept ans après la sortie de sa première série, Manhole, il est enfin temps de retrouver le style détaillé de Tetsuya Tsutsui.

Prophecy volume 1La section de cybercriminalité de la police ne va pas pouvoir se contenter d'arrêter les petits revendeurs de jeux vidéo pirates. Un nouveau venu commence à faire du bruit sur le net : il s'appelle Paperboy et poste régulièrement des vidéos où il fait des prévisions pour révéler au grand jour les délits et crimes impunis qu'il compte bien juger par lui-même. Défenseur des humiliés et des opprimés ou simple bourreau cherchant à légitimer sa violence ?

Tsutsui revient donc avec un nouveau thriller et on retrouve ses ingrédients habituels : d'un côté la technologie, les réseaux sociaux, le net, de l'autre, des êtres déphasés, égarés, en colère, qui ont une revanche à prendre sur la vie, quitte à s'en prendre à celle des autres.
Ici, ce Paperboy se voit comme l'ultime réponse face aux humiliations et autres injustices que connaissent les plus faibles de la société. Incapables de se défendre, abandonnés par leurs pairs, ceux-ci ne peuvent rien espérer et voient alors débarquer ce justicier masqué qui n'a pourtant rien d'un Zorro des temps modernes. Aveuglé par la colère, ivre de haine, ne sachant répondre à la violence que par une dose encore plus forte de coups, il semble ne pas avoir de limites et joue, plus ou moins volontairement, avec les pulsions malsaines et morbides des accrocs du net, pas toujours capables de discerner le vrai du faux dans ce qu'ils voient de clic en clic.

Cela fait-il de Prophecy une œuvre sombrant facilement dans le manichéisme le plus primaire ? Pas vraiment puisque c'est la colère et la soif de vengeance qui font courir Paperboy, devenant alors un pantin aveugle sans limite, entraîné de plus en plus vite dans une course folle de brutalité qui n'a plus grand-chose à voir avec la justice, la haine rendant ses jugements de plus en plus primaires et simplistes. Tel un gladiateur au milieu des arènes, couvert du sang de ses adversaires, galvanisé par la foule du web qui hurle virtuellement pour encore plus d'hémoglobine, il continue sans aucun espoir de voir la lumière au bout de sa route, frappant, cognant, dénonçant des crimes pour légitimer les siens.
Et les flics derrière ? Ils courent. Sans pouvoir vraiment imaginer ce qu'ils coursent, attendant surtout une erreur de leur proie pour s'en saisir.

Honnêtement, la petite troupe de flics n'est pas des plus crédibles, et notamment le lieutenant Erika Yoshino, avec ses lunettes de soleil à la Horacio Caine (le flic le moins crédible de toute l'histoire de la TV), son attitude qui se la pète et ses tirades un rien pompeuses. Le trio de flics n'est donc pas franchement vraisemblable mais on se laisse facilement entraîner dans cette course-poursuite plutôt bien menée, avec toute l'efficacité et le rythme que Tsutsui sait mettre dans ses œuvres.
Reste tout de même qu'on en apprend déjà énormément dans ce premier tome : les motivations, les buts, les intervenants, on sait à peu près tout, ce ne sera donc pas là-dessus que se jouera le reste de la série mais peut-être plutôt sur la course-poursuite en elle-même, le niveau de violence de Paperboy ne pouvant aller qu'en s'accroissant, mais jusqu'où ? À vouloir jouer à la Justice aveugle, sans recul, sans prise en compte du contexte, sans réflexion, il n'y a plus de limite et seuls restent alors les coups, les morts, qui font oublier toute justification, potentiellement explicable sur certains points mais néanmoins totalement condamnable. La société, aussi avilissante et inhumaine soit-elle, n'est pas une excuse au défouloir barbare.

Tsutsui n'est pas du genre à faire traîner ses histoires et vu ce que contient déjà ce premier tome, nul doute qu'on en restera à une série vraisemblablement assez courte. Pas encore deuxième volume paru au Japon, le premier étant paru en avril 2012, il faudra donc patienter un peu pour connaître la suite en version française...

mercredi 13 juin 2012

- Le Chemin des fleurs - Ton jeu d'acteur est pareil... Il est fuyant.

Festival d'Annecy fini mais en plein dans le boulot, j'occupe donc un peu le terrain avec une nouvelle blog-chronique... 
Continuons dans le rose shôjo avec cette fois-ci Le Chemin des fleurs d'Ako Shimaki, s'intéressant à l'univers du kabuki, une des formes du théâtre traditionnel japonais. 

Le Chemin des fleurs volume 1Kyônosuke Kwamura est l'héritier du Kijiyama, une école de kabuki. De par son statut, chacune de ses prestations est admirée par ses fans féminines. Mais dans la vraie vie, il redevient Takeru Kawamura, un lycéen qui déteste le kabuki et ne fait absolument aucun effort pour ses représentations. Jusqu'à ce qu'il rencontre Ayame Chiba, une jeune fille de son école qui adore cette forme de théâtre et voit très vite clair dans son jeu, lui faisant connaître son premier échec avec la gent féminine. Il faut dire qu'elle n'a d'yeux que pour celui qu'elle appelle Hiro...

N'ayant jamais ouvert un manga d'Ako Shimaki jusque-là (Sous un rayon de lune chez J'ai lu, Dingue de toi ! ou Secret Girl chez Asuka), les dessins me faisaient redouter un manga assez prétentieux, blindé de personnages beaux gosses gros poseurs qui se la pètent en déblatérant des inepties foireuses tout en se prenant très au sérieux... Mais heureusement, non !
On pourrait croire au premier abord trouver en Takeru un mec hautain et totalement imbus de lui-même, méprisant en se prenant pour le nombril du monde. On découvre vite qu'il n'a aucune réelle vanité, que ce n'est qu'un gamin blasé et désabusé, portant son héritage comme un poids bien lourd, tiraillé entre les flatteries de fans aussi hystériques que profanes se laissant aveugler par son nom et l'indifférence de la seule personne dont l'avis a de l'importance pour lui, son père. Celui-ci l'a rendu allergique à tout effort au fil des années passées sans aucun encouragement de sa part malgré des efforts acharnés. Un gamin finalement très lucide sur son travail et les compétences des autres qu'il voit toujours sans se voiler la face même s'il se garde bien d'affronter la réalité, n'en voyant simplement plus l'intérêt.
Sa rencontre avec la jeune Ayame, voyant immédiatement clair au travers de son jeu de beau gosse impassible, va évidemment changer la donne et lui donner enfin une raison de se bouger les fesses et de réveiller sa fierté, lui balançant d'office un rival très dangereux contre lequel il ne semble rien pouvoir. À savoir un gars un peu coincé dont on ne sait encore pas grand-chose hormis qu'il semble très attaché à son sens du devoir quitte à renoncer à ce que son cœur lui dit.

Le sujet pourrait faire peur : le kabuki, on ne maîtrise pas franchement le sujet en France et ce n'est pas le thème le plus fun qu'on puisse trouver. Les deux premières pages ne mettent guère l'aise non plus, nous présentant les personnages avec plein de termes propres à cet univers, des noms pas simples à retenir et l'appréhension qu'on soit largué au bout d'un chapitre.
Fort heureusement, l'entrée dans le manga se fait bien plus en douceur et on prend le temps de découvrir le trio a priori principal, des personnages énergiques et frais qui donnent envie de les suivre. L'humour est même au rendez-vous, l'interaction assez orageuse entre un Takeru habitué aux flatteries féminines excessives et une Ayame n'ayant pas la langue dans sa poche étant assez jubilatoire.

Ce premier tome donne en tout cas un aperçu plutôt accrocheur et sympathique : certes on se retrouve a priori là face à un classique triangle amoureux "tu l'aimes mais il ne te regarde pas et je ferai tout pour que tu me choisisses" mais le caractère des personnages est plutôt intrigant, les situations sortent un peu de l'ordinaire, la narration apporte beaucoup de rythme, l'humour donne sa petite touche de légèreté, sans oublier un dessin tout à fait maîtrisé avec un style graphique très expressif.
Dommage qu'il faille s'arrêter à la page 139, le restant du volume étant consacré à une nouvelle indépendante, pas totalement inintéressante mais relativement anecdotique quand même...

Bientôt 7 tomes au Japon tandis que le volume 2 est prévu en France chez Kazé Manga pour août 2012.

vendredi 1 juin 2012

- Lily la menteuse - Ça te fout pas la honte d'être avec un gars plus belle que toi ?

Après le retour du cogneur des bas-fonds et du gamin révolutionnaire ou l'arrivée de la spécialiste du lavement au café, Akata/Delcourt revient avec Lily la menteuse à un thème plus classique du shôjo manga : le travestissement. 

Lily la menteuse volume 1Hinata, 15 ans, a enfin eu droit à se première déclaration : un garçon veut sortir avec elle ! Elle ne le connaît pas mais dans son bonheur d'être courtisée, elle dit oui, bien sûr ! Oui mais voilà... L'heureux élu, En, a la fâcheuse habitude de mieux porter la jupette qu'elle. En effet, ne supportant pas tout ce qui est masculin, au point de péter toute vitrine lui montrant son reflet, il a résolu le problème en ne s'habillant qu'en fille. En fille canon, qui plus est. Ce qui n'est pas sans poser quelques problèmes à sa nouvelle petite amie, n'ayant pas très envie de causer dentelles ou taille de soutien-gorge avec son jules...

Un mec qui s'habille en fille, ou inversement, le thème est déjà ultra-classique dans le manga et ce ne sera donc pas là-dessus qu'Ayumi Komura, l'auteure de J'aime les sushis, se différenciera de ses collègues. Ce ne sera pas non plus vraiment sur l'histoire, qui n'est qu'un prétexte à une succession de gags pour mettre En et Hinata dans les situations les plus absurdes et tordues face à l'allergie masculine du jeune homme.
Qui plus est, si en page 4, Hinata connaît à peine le nom de son nouveau copain, en page 33, elle annonce clairement qu'elle l'aime sans qu'on sache vraiment comment c'est possible, on ne perd donc pas de temps. OK, pour la vraisemblance de l'histoire, on repassera aussi.
Mais la mangaka l'assume pleinement. Elle le dit elle-même dans un de ses coins bavardages "Mais bon, on est dans un manga ! Ce qui compte, c'est qu'on rigole, pas vrai ?!" pour expliquer les multiples petits détails pas très logiques qui parsèment les pages. Ne comptez donc pas sur elle pour des séries philosophiques proposant d'intenses réflexions, le but n'est pas là, mais uniquement dans le divertissement pur et simple. Et là dessus, Ayumi Komura maîtrise plutôt bien son sujet. On rit souvent, l'humour des scènes et des dialogues tombe plutôt juste, le rythme est alerte, on commence chaque chapitre en se demandant dans quelle nouvelle situation foireuse la manie vestimentaire d'En va les emmener, tout en passant par tous les classiques : la fête de l'école, la piscine, la sortie feu d'artifice en yukata... Un vrai festival que tout lecteur de shôjo manga connaît par cœur mais que la mangaka réutilise plutôt efficacement, avec une bonne dose d'auto-dérision au passage.
En (pas le prénom le plus pratique pour une version française...) en fille est une bombasse, une bombasse qui le sait parfaitement et qui en joue, n'hésitant pas à le souligner à haute voix, faisant craquer tous les mecs même ceux parfaitement au courant, tout en pouvant donner 10 000 conseils beauté aux filles qui l'adorent malgré le fait que sa pilosité inexistante lui permet d'éviter le calvaire épilatoire que toutes les nanas connaissent. Ce qui en fait d'ailleurs l'observateur privilégié de ces dames, pouvant se rincer l'œil sans aucun scrupule ni aucun risque de se prendre une tarte pour matage intensif, privilège dont il ne se prive pas le moins du monde puisqu'il adore la gent féminine.

La série n'a donc rien de révolutionnaire mais elle parvient à utiliser tous les codes et les classiques du genre pour mieux divertir ses lecteurs sans aucune autre prétention que de les faire rire et leur permettre de passer un bon petit moment sans prise de tête. Des personnages sympa et marrants, une mangaka qui ne se prend pas au sérieux, des intrigues classiques mais rythmées : simple, léger et frais.

Sept tomes sont pour le moment parus au Japon chez Shueisha. Le volume 2 est prévu en France pour le 4 juillet 2012.

jeudi 10 mai 2012

- Blood Lad - Une humaine... Je vais rencontrer une humaine...

Avec tous les mangas qui en parlent, le monde des démons n'aura bientôt plus de secret pour vous. Dernier en date ? Blood Lad chez Kurokawa. Suivez le guide. 

Blood Lad volume 1On ne dirait pas comme ça, mais Staz est non seulement un vampire mais également le boss d'un des territoires de ce monde démoniaque. Il peut donc se la jouer grave quand un abruti vient tenter de lui péter les rotules afin de lui piquer son poste, ce qui finit assez invariablement par le dézingage direct du jeune impertinent.
Et pourtant, on ne dirait pas comme ça non plus, mais Staz ne s'intéresse pas beaucoup à tous ces trucs de pouvoir qui lui prennent un peu la tête alors qu'il n'a qu'une seule passion : la culture japonaise. Véritable otaku, son statut de boss lui permet surtout de réussir à se procurer des mangas, DVD, jeux vidéos et autres figurines du monde des humains, qui s'entassent dans son appart où il glande la plupart du temps. Alors quand une jeune Japonaise, très typique dans son uniforme de lycéenne, débarque dans son monde, c'est l'occasion pour lui de réaliser ses plus grands fantasmes (mais non, pas ça...).

À l'annonce de l'arrivée de Blood Lad de Yûki Kodama chez Kurokawa, certaines réactions étaient assez proches de "oh non, encore des vampires ??" (surtout qu'on a droit au lancement de deux autres séries "mordantes" la même semaine, Bloody Cross chez Ki-oon et Vassalord chez Soleil Manga). Mais le vampire ici est plus à associer au terme générique de démon que de brave aristo désuet des Balkans contant fleurette tout croc dehors à une jeune vierge hypnotisée par le classieux personnage. Staz ne traque pas la moindre goutte de sang et l'arrivée d'une innocente et brave pucelle l'intéresse plus parce qu'elle est japonaise que parce qu'elle contient 5 litres vermillon. Même s'il va devoir rapidement troquer ses fringues d'otaku pour reprendre ceux de démon, sa nouvelle amie ayant quelque peu souffert de son passage dans cet univers si particulier.
Je n'ai pas pu m'empêcher de voir un peu de Dorohedoro durant ma lecture, notamment du côté des visages de certains personnages ou de ce monde démoniaque un peu décalé. Mais le propos est ici beaucoup moins trash et déjanté que dans le titre de Q. Hayashida... Pour dire vrai, si la lecture de ce premier tome a été plaisante, je m'attendais à plus d'humour foireux et de délire, trouvant au final l'ensemble un peu trop sage et lisse, manquant un peu de personnalité. Pas mal d'action, du rythme mais un humour un peu trop timide pour un rendu assez shônen, un peu trop classique et manquant quand même de fantaisie. Néanmoins, si vous trouvez Dorohedoro too much pour vous, trop crasseux, Blood Lad est une alternative plus conventionnelle tout en restant efficace, jouant moins sur le grotesque et le délirant, parlant ainsi sans doute à plus de monde.
Ce premier tome étant plutôt un volume de présentation, assez simple dans sa construction, reste à voir vers quoi va ensuite se diriger la mangaka (ah, on me signale dans l'oreillette que la madame est en fait un monsieur, ce sera donc LE mangaka) : simples successions de baston entre boss, ou construction d'une intrigue un peu plus pêchue ? À voir car les personnages, bien qu'assez basiques pour le moment, sont plutôt sympa à suivre.

Bientôt 6 tomes au Japon chez Kadokawa shoten tandis que Kurokawa n'a pas encore annoncé la date de sortie du volume 2 en version française.

jeudi 3 mai 2012

- Wolfsmund - C'est donc lui le fameux bourreau du col du loup ?

Figurez-vous, bande de petites veinards, que Ki-oon a décidé de prendre en main votre niveau de culture générale cette année. En effet, avec Wolfsmund de Mitsuhisa Kuji, vous allez plonger dans rien de moins que les mythes fondateurs de la Suisse ! Bon, dit comme ça, ce n'est pas forcément très accrocheur, j'en conviens... mais si j'ajoute qu'on y trouve plein de décapitations, de pendaisons, de combats et de poitrines féminines dénudées ?

Wolfsmund volume 1Wolfsmund, "La gueule du loup", c'est le surnom d'un triste château qui garde le col du Saint-Gothard, seule route d'accès à l'Italie depuis l'empire germanique en ce XIVè siècle. La maison des Habsbourg, la famille royale autrichienne, règne d'une main de fer, réprimant durement tout soulèvement contre leur invasion des trois cantons d'Uri, Schwytz et Unterwald. La moindre résistance des habitants est châtiée sans aucune pitié et personne ne peut tromper Wolfram, le magistrat du château, parvenant à déjouer tous les artifices des rebelles alors punis d'une mort plus moins rapide selon l'humeur du délicieux personnage.

Cette courte présentation et le fait que l'auteur soit un ancien assistant de Kentarô Mirua (Berserk) suffisent à situer facilement le style de la série et ce ne sont pas les toutes premières pages du volume qui nous détrompent puisqu'on commence directement par une bonne petite exécution, histoire de nous plonger directement dans le bain. Le plan est simple : ne vous attachez à personne, il y a de fortes chances que chaque personnage un tant soit peu sympathique rencontré finisse en trophée macabre dix pages plus loin. La pitié n'existe pas, des familles entières sont décimées sans distinction d'âge ou de sexe et seuls comptent la quantité de sang ou le nombre de têtes roulantes qui salueront l'arrivée des nouveaux prétendants au passage du col.

Pour autant, l'auteur ne joue pas tant que ça la carte du gratuit glauquissime avec moult gros plans sur les horreurs couramment pratiquées en ces temps pas très intéressés par la notion de justice équitable et autre présomption d'innocence. OK, ça découpe, ça gicle, ça roule, ça plante, mais le propos est plus dans l'efficacité que dans le malsain très appuyé qu'on peut trouver dans la Dark Fantasy. Pas besoin de ça de toute façon pour qu'on comprenne bien l'idée d'injustice et d'horreur que le mangaka nous met en images. C'est déjà bien glauque.
Impossible par contre avec ce premier tome de vraiment savoir vers quoi va ensuite se diriger le mangaka : pas de personnage principal, et comme simple ligne directrice a priori, la rébellion qui enfle chez les futurs helvètes. Le propos de la série sera-t-il de voir cette révolte grossir et finir par prendre son envol contre l'infâme Wolfram (qu'on aimerait bien voir pour le coup finir au bout d'une pique puisqu'il n'y a pas de raison que ce soit toujours les mêmes qui s'amusent) ?

Trois volumes sont pour le moment parus au Japon chez Enterbrain. Le tome 2 est prévu en France chez Ki-oon pour le 14 juin 2012.

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