Les humeurs de Mangaverse

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samedi 6 avril 2013

Mangaverse baisse le rideau !

On ferme !
Nous y voilà. Comme annoncé depuis quelques jours sur ce blog et FB, après des mois de réflexion, j'ai décidé d'en terminer avec Mangaverse.
Qu'on ne s'affole pas, le site va rester en ligne. Le contenu sera parfaitement accessible, les chroniques, les bilans, les fiches mangaka, les couvertures, etc. Simplement, il n'y aura plus de mises à jour. Les plannings, français, japonais et coréens, ne bougeront plus (enfin pour les plannings VO, je ne m'interdis pas d'y refaire un tour de temps à autre pour rajouter une ou deux couvertures). Ce sera indiqué sur chaque page concernée pour que ceux qui y arrivent directement soient tenus au courant.
Il n'y aura plus de billet sur ce blog, ni dans le Salon des Curiosités. Le live, lui, sera toujours utilisé lors des festivals que je suivrai. Le forum continuera comme avant, sans souci. Des liens vers ces deux entités seront d'ailleurs disponibles sur le nouveau site.

Oui, parce qu'il y a un nouveau site. Je sais par avance qu'il n'intéressera pas une bonne partie des habitués de Mangaverse. En effet, il ne sera tourné que vers l'écrit, le contenu personnel. Billets d'humeur, chroniques de mangas (toujours, bien sûr), de BD, de comics, de films d'animation, de romans... Prenez ça comme un mélange entre ce blog et le Salon des Curiosités. Mon but ? Revenir au plus simple, au plaisir de la découverte, de la lecture, du partage. C'est pour ça que j'avais créé Mangaverse, sans deviner comment il allait évoluer ensuite. Je ne regrette rien, bien évidemment, il a évolué comme moi, au fil de mes idées, de mes envies... Simplement, aujourd'hui, il ne me correspond plus et le tenir est devenu une corvée. Prendre des heures pour mettre à jour des plannings, ajouter des couvertures, sans rien pouvoir faire d'autre par manque de temps est devenu intenable. Je préfère donc accepter les choses et avancer.

Je ne vous promets évidemment rien. Peut-être l'exercice tournera-t-il court. Peut-être comprendrai-je que je n'ai plus rien à dire, que je serais mieux en simple observatrice du net, que tout ça ne me concerne plus. Je ne sais pas. Si douze ans de Mangaverse m'ont bien appris quelque chose, c'est qu'on ne peut pas deviner comment les choses, aussi virtuelles soient-elles, vont tourner.

Alors nous y voilà. À ceux qui souhaitent malgré tout me suivre, rendez-vous sur AfterMangaverse.net.
À ceux qui ne se sentent pas concernés et préfèrent changer de chemin, pas de problème. Bonne route et amusez-vous bien.

vendredi 29 mars 2013

Les affres du webmaster

batw.jpg
En mai 2001, j'ai créé Mangaverse. J'étais à l'époque salariée depuis quelques années et dire que je ne m'épanouissais pas trop dans mon travail est un doux euphémisme. J'avais besoin de quelque chose pour me faire tenir moralement à flot, me donner la possibilité de m'investir dans quelque chose qui me parlait. Sans compter que, n'ayant pas trop l'habitude d'exprimer ouvertement mon avis, je me disais que prendre la peine de l'écrire, de mettre des mots dessus et de balancer tout ça sur le net, cela pouvait m'aider à avancer.
Je n'ai pas été déçue. L'expérience a été étonnante, imprévue, enrichissante au possible, pleine de jolies rencontres, de belles découvertes, poussant constamment à la réflexion tant sur le fond que sur la forme. Tout est allé beaucoup, beaucoup plus loin que tout ce que je pouvais imaginer. Mangaverse fait depuis partie de chaque instant de ma vie (ça peut paraître exagérer dit comme ça mais... non).
Mais voilà, douze ans après, j'ai évidemment changé. Changé de travail, évolué dans ma mentalité, mes centres d'intérêt. Et ne nous le cachons pas, j'ai même vieilli...

Stop, stop, stop... Je vous vois venir, vous vous dites "voilà, elle va ENCORE nous refaire le coup de "je vais fermer le site"" (oui, il paraît que je radote... La vieillesse...). Je ne peux pas complètement nier que l'idée de ce billet est parti de là, mes followers sur FB ont pu le voir. Néanmoins c'est plus complexe que ça...
Depuis quelques mois déjà, je suis très insatisfaite de ce que je fais sur le site. Je manque cruellement de temps, déjà, et j'espère un peu que ça ne va pas changer, puisque ça veut dire que j'ai du boulot. Et puis, c'est vrai, j'en ai un peu marre. Marre de devoir grignoter du temps par ci par là pour ces plannings, pour ces mises à jour hebdomadaires obligatoires - un planning pas à jour, ça ne sert à rien - qui me bouffent quand même pas mal d'énergie pour tenir la cadence (surtout que c'est particulièrement rébarbatif). Je me prends déjà le chou côté pro pour réussir à faire tenir tout ce que j'ai à faire dans un planning qui me laisse le temps de manger et dormir, je ne peux plus jouer à ça aussi pour le site.

De plus, je suis HYPER frustrée de ne pas pouvoir travailler sur ce qui compte le plus pour moi, à savoir le contenu, les chroniques, même si ce n'est pas ce qui fait venir le plus de visiteurs (même si la fréquentation du site n'est heureusement pas mon moteur sinon on serait mal...). Pouvoir prendre le temps et le plaisir de me poser avec un bouquin, une BD, un comic, un manga, lire, apprécier, réfléchir, écrire si jamais, partager. Un truc simple, brut, sans prétention, sans fioriture. Un truc peut-être très égoïste ou nombriliste en soi, une manière de gueuler "coucou j'existe" comme si son avis sur un bouquin, un film avait un quelconque intérêt. Mais bon, c'est un peu ça le net...
Mais non, là je me prends juste le chou pour trouver une heure ou deux (ou cinq, selon les semaines) pour le planning français de la semaine, sans parler du japonais, éternel recommencement genre mythe de Sisyphe. Même pas le temps de mettre à jour les prochaines sorties, les nouveaux titres annoncés. Dont je dois reconnaître que je me fous pas mal désormais. C'est aussi ça le souci. M'intéresser à ce qui n'est pas encore sorti, je ne peux plus, ça m'indiffère au plus haut point. Je m'y intéresserai quand le jour de la sortie sera venu et qu'il y aura du concret à regarder. L'horizon est trop vaste pour que je garde l'œil rivé dans la lunette à fixer un petit point dans le futur en loupant tout le reste.

Bon et tout ça pour quoi ? Je ne sais pas exactement. En 2003, j'avais déjà bouleversé le site, pareil en 2009. Peut-être 2013 verra-t-elle également un gros changement... Un gros changement qui ne verrait rester que la partie chroniques, avec en archives les bilans manga, tout en gardant le live (le forum n'est pas concerné, il est totalement indépendant). Plus de plannings, plus de couvertures, plus de mangaka.
Plus de visiteurs ? Peut-être aussi, vu les réponses que j'ai pu lire sur FB :) Juste du texte (et quelques images quand même, on n'est pas des sauvages du verbe). Des chroniques mangas, ou autres BD/livres/films, des humeurs, des infos commentées si besoin est. Un truc multiple sans définition précise, sans limite imposée. Un blog façon webzine perso (certains n'aiment pas les blogs mais en terme de simplicité de mise en ligne, on ne fait pas mieux et si on veut pouvoir se concentrer sur le fond, la forme doit être simple et efficace).

Bon, dit comme ça, on a l'impression que j'essaie de réinventer l'eau tiède, un truc qui existe déjà par millions sur le net. Tout à fait. Mais c'est bien déjà le cas de Mangaverse, non ? Ce qui compte, c'est son contenu, pas l'étiquette qu'on lui donne, la case dans laquelle on le range. Après tout, je me dis que ce qui fait qu'on continue de rester fidèle à un site quel qu'il soit, ce n'est pas sa forme, s'il est super original, mais ce qu'il a à dire.
La question sera alors : est-ce que moi, j'ai encore quelque chose à dire ? Ou est-ce que le fait d'abandonner la forme actuelle de Mangaverse, qui est fondamentalement la même depuis 12 ans, révélera juste un gros vide ? Si je n'ai plus les rubriques purement factuelles comme les plannings ou les couvertures sur lesquelles m'appuyer, l'écrit suffira-t-il à faire exister le site ? Suis-je arrivée à la limite du site sous sa forme actuelle ou à ma propre limite ? Papaye ou mangue ?

Bien évidemment, votre avis sur la question me serait fort utile : un site, c'est un webmaster et des visiteurs.

mardi 19 février 2013

- Terra Formars - Sur ce territoire, c'est plutôt nous la vermine à exterminer...

Les insectes (Insecta) font partie du sous-embranchement des hexapodes, elle-même incluse dans l'embranchement des arthropodes mais dans un sous-groupe : les mandibulates. On connaît un insecte marin, la punaise Halobates bien que la majorité des insectes aquatiques vivent en eau douce. On les trouve sous presque tous les climats, du plus chaud au plus froid. Les scientifiques ont décrit près d'un million d'espèces (soit environ les deux tiers des espèces animales connues), et il pourrait en exister 30 millions. (sources : Wikipedia)
C'était la minute scientifique de cette blog-chronique, passons maintenant à son sujet principal : la castagne !
Car cette blog-chronique va être consacrée au premier volume d'une série fleurant bon la délicatesse des phalanges qui craquent et la poésie des têtes qui roulent : Terra Formars, scénarisée par Yu Sasuga et dessinée par Ken-ichi Tachibana (également dessinateur de L'affaire Sugaya chez Akata/Delcourt).

Terra Formars volume 1An 2599. Les hommes, dans leur soif de tourisme exotique, à moins que ce ne soit parce que la Terre n'est plus au mieux de sa forme, ont lancé 500 ans plus tôt la terraformation de Mars, en vue d'en faire une nouvelle planète habitable (à polluer). Pour cela, deux espèces terrestres, l'une végétale l'autre animale, ont été envoyées sur la surface de la planète rouge pour rendre l'atmosphère un peu plus respirable et supportable. Désormais, le processus est pratiquement arrivé à son terme et une équipe de quinze jeunes gens a été envoyée pour terminer le travail. Quinze jeunes gens un peu spéciaux, pas vraiment sortis des dernières académies spatiales terriennes, mais plutôt quinze bouts de bidoche génétiquement modifiés pour se taper la sale besogne qu'on a eu la gentillesse de leur présenter sous un jour très optimiste histoire de ne pas casser l'ambiance ou le moral des troupes. Bien évidemment, une fois arrivés sur Mars, ils découvrent rapidement à leurs dépens que leur boulot d'exterminateurs de cafards va être un peu plus... sportif que ce qu'on leur avait expliqué.

Terra Formars ne fait donc pas dans la subtilité. On ne perd pas trop de pages dans des présentations trop longues : ça ne sert de toute façon à rien, beaucoup vont finir en viande pour lasagnes martiennes avant même d'avoir pu ouvrir la bouche. C'est même à se demander pourquoi l'auteur s'est embêté à leur inventer un passé, une histoire, une identité, ou même simplement un nom alors que leur mort rapide et plutôt violente ne nous laisse absolument aucune chance de nous attacher à eux. Ce qui tombe bien d'ailleurs, car ils ne sont guère attachants en soi, personnages plutôt basiques sans guère d'envergure, chair à canon envoyée dans un combat dont ils ne maîtrisaient rien du tout, classiques victimes des méchants dirigeants sans scrupule, aveuglés par leur soif de pouvoir et de toute-puissance prêts à envoyer n'importe qui servir d'amuse-gueules pour cafards à leur place (un petit côté Starship Troopers en moins gore et fasciste quand même). Rien de neuf donc côté psychologie des personnages.
Côté castagne, les amateurs devraient y trouver leur compte : violents, extrêmes mais gentiment pas trop salissants. Comment peut-on découper autant de gens en morceaux sans que les pages ne dégoulinent de sang ?
Mieux vaut oublier également toute exigence de vraisemblance scénaristique, on n'est pas trop là pour ça non plus et les amateurs d'entomologie ou de génétique doivent être prévenus avant lecture sous peine de faire une attaque toutes les deux pages.
Remarquons enfin que les auteurs ont la gentillesse de nous indiquer la taille de bonnets des demoiselles de l'équipe, élément absolument indispensable dans toute bonne bio de tout astronaute qui se respecte... Gros manque de sens pratique néanmoins : faire rentrer du bonnet F voire G dans des combinaisons spatiales, ce n'est tout de même pas le plus simple ! Surtout qu'au grand dam des voyeurs, on ne voit rien justement, pas un soutien-gorge, pas une scène de douche, pas une malencontreuse combinaison qui se déchire inopinément, pas une coucherie sauvage plaquée contre une navette spatiale sur fond du Beau Danube bleu, rien.

On va dire que je me moque (oh...), néanmoins, j'achèterai le volume 2. Parce que malgré l'invraisemblance de quelques éléments scénaristiques, les personnages basiques, les habituelles petites facilités de ce genre de séries pour jeunes adultes de sexe masculin avides de sensations (dessinées) fortes, les auteurs savent intriguer et mener leur histoire avec une bonne dose d'efficacité, certes classique, mais plutôt prenante. La fin du volume laisse augurer que ce tome n'était qu'une simple introduction mettant en place des éléments pour la suite. Peut-être alors verra-t-on l'ensemble se développer un peu plus, gagner en profondeur, apporter des personnages un peu plus intéressants, tout en gardant un rythme narratif assez accrocheur... à moins qu'on en reste à de la baston basique qui découpe sans se soucier de développer quoi que ce soit. Le tome 2 devrait donner quelques réponses...
Quatre tomes pour le moment parus au Japon, tandis que le volume 2 est prévu en France chez Kazé Manga pour le 15 mai 2013.

jeudi 14 février 2013

- Silver Spoon - Sérieusement, où est-ce que je suis tombé ?

Après nous avoir entraînés à la poursuite de la pierre philosophale puis s'être frottée au folklore chinois, Hiromu Arakawa nous revient, toujours chez Kurokawa, avec une série totalement différente : Silver Spoon ou "Comment survivre dans un lycée agricole quand on n'y connaît rien et qu'on veut quand même être le meilleur".

Silver Spoon volume 1Yûgo Hachiken a tout du lycéen manga classique : uniforme, lunettes, expérience de vie proche du néant, assidu des cours du soir et du bachotage, un bon gros No Life comme on en croise régulièrement au fil des séries. Issu d'un collège coté, rien ne le destinait à atterrir dans un lycée agricole d'Hokkaïdo fréquenté uniquement par des enfants d'agriculteurs promis à suivre les traces familiales. Lui n'a jamais vu une vache de sa vie et sa seule rencontre animale doit se résumer au poisson grillé dans son assiette. Son arrivée s'apparente alors plus à une fuite et à un espoir de facilité : tous ces bouseux doivent à peine savoir lire et écrire, il va être le meilleur de sa promo sans avoir besoin de forcer.
Sauf que sa rencontre avec le monde agricole va évidemment être un peu plus corsée qu'il ne l'avait imaginé, lui plongé dans ses bouquins depuis toujours devant d'un coup sortir sa tête de son nid douillet, genre à 4h du mat' pour nettoyer du crottin de cheval... Bienvenue à la campagne !

Issue d'une famille d'agriculteurs d'Hokkaïdo, Hiromu Arakawa n'a donc pas eu à chercher bien loin l'inspiration de sa dernière série en cours. On aurait pu craindre que son personnage principal ne soit guère attachant, du genre grosse tête méprisante et hautaine à qui quelques coups de pieds au derrière seraient nécessaires pour le faire redescendre de son piédestal, ce n'est heureusement pas le cas. D'une part parce que le gamin se révèle rapidement plutôt ouvert, ensuite parce que son premier coup de pied au derrière, il le prend dès la première page, coursant un veau échappé à peu près aussi paumé que lui au milieu de la cambrousse où foisonnent des pancartes "attention, ours méchants".
Inutile de préciser que notre binoclard citadin n'en mène rapidement pas large, largué au milieu des futurs exploitants agricoles maniant le tracteur et les catalogues de vaches laitières depuis leur premier biberon, pratiquant un langage de spécialistes dont il ne comprend pas la moitié des mots. Lui n'a aucun rêve, aucun avenir déjà écrit, aucun but à atteindre et sa découverte de son nouvel univers est aussi hilarante que bourrée de tendresse.

On accompagne sans s'ennuyer ce candide dans sa quête initiatique qui nous change agréablement des shônen fantastiques ou épiques, où actes de bravoure jouent à chaque page dans la démesure là où ses journées ne sont que successions de corvées plus ou moins salissantes face à des bestiaux qui le terrorisent régulièrement, à moins qu'ils ne lui mâchouillent la tête ou les doigts (ou autre chose comme nous le signale une petite histoire sous la jaquette réversible). Très vite, notre brave ingénu se retrouve intégré dans une petite équipe aussi attachante que drôle, chacun ayant ses points forts et ses faiblesses, son histoire familiale et ses rêves. Pas de doute qu'au milieu d'eux, Yûko va parvenir petit à petit à trouver sa voie, entre découverte des réalités pas toujours drôles de ce monde à part et petites victoires d'un quotidien aussi épuisant que riche.

Voilà en tout cas un premier tome qui nous met d'office dans l'ambiance, maniant un humour dévastateur, une tendresse infinie pour ces personnages, nous plongeant dans un univers rarement mis en scène, a priori pas bien excitant mais en fait prometteur côté situations décalées, touchantes et bien plus concrètes que ce à quoi le shônen manga a pu nous habituer.
Reste à voir désormais comment la mangaka va gérer son histoire, une fois l'effet de surprise passé aussi bien pour nous que pour son personnage principal qui va bien finir par se sentir de plus en plus à l'aise. Je ne m'inquiète pas trop sur la question, Arakawa nous ayant déjà largement démontré son talent de conteuse d'histoires sur le long cours, et attends donc avec impatience de pouvoir découvrir la suite des aventures de Yûgo au milieu des vaches...

Six tomes sont pour le moment parus au Japon, le volume 2 est quant à lui prévu en version française pour le 11 avril 2013.

dimanche 27 janvier 2013

Oui !

Oui !(Rien d'autre à ajouter)

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